Continuant dans la même lancée que les deux derniers articles publiés, je prends plaisir à développer un des grands thèmes de ce blog : l'honorable Jane Austen. Je m'attaque désormais à celui
que j'aime le plus après
Orgueil et Préjugés, c'est-à-dire,
Persuasion publié à titre posthume en 1818, un an après sa mort.
Persuasion est son dernier roman et elle commença sa rédaction en août 1815 parallèlement à la révision du texte qui deviendra
Northanger Abbey (lui aussi publié de
manière posthume).
Elle n'eut même pas le temps de lui donner un titre definitif ou de l'améliorer. C'est son frère Henry qui le fit publier et il choisit le mot "persuasion", en référence surement à O&P puisque
dans la langue de Shakespeare, contrairement à nous français, le mot "persuasion" désigne une idée préconçue, une conviction personnelle. Mais, tout de même, Jane avait donné à son roman un titre
provisoire "Ann Elliott ou l'Ancienne inclination", ce qui n'a aucun réel rapport avec "Persuasion".
"Il arrive parfois qu'une femme soit plus belle à vingt-neuf ans qu'elle ne l'était dix ans plus tôt ; et, d'une façon générale, si elle n'a connu ni mauvaise santé ni inquiétudes, il
est une période de la vie où elle ne perd presque rien de son charme." Voilà comment est définie Elizabeth, la sœur ainée de l'héroine Anne qui elle semble être tout le contraire. A
vingt-sept ans, Anne Elliot est présentée comme une beauté fanée,
"son premier éclat s'était évanoui de bonne heure" et semble en retrait par rapport à sa famille, plus réservée, plus
timide.
Fille d'un vieux barronnet veuf et prétentieux, qui a dilapidé leur fortune, Anne et sa famille sont obligés de louer leur demeure de Kellynch pour aller s'installer à Bath. Toutefois, alors
que Mr Elliot et Elizabeth s'en vont vers Bath, Anne s'installe quelque temps chez sa sœur Mary qui habite non loin de là.
L'élement perturbateur, c'est le retour du Capitaine Wentworth, le frère de Mrs Croft, femme de l'amiral du même nom qui loue la propriété. Il a été fiancé à Anne quelque temps mais, sous les
conseils "avisés" de son amie Lady Russell, elle avait finalement renoncée à cette union, prétextant que Wentworth, simple officier de la marine à l'epoque mais ambitieux, n'était pas d'un rang
assez élevé qu'elle pour pouvoir espérer l'épouser.
Mais les choses ont bien changé, puisque Frederick Wentworth est désormais riche et désire se marier... La question est de savoir si ses sentiments pour Anne ont persisté après tant d'années et
surtout après cette affront.
Bien que la mort tienne une assez bonne place dans ce livre (plus que tous les autres), ce qui peut aussi s'expliquer par le fait que Jane sentait surement qu'elle allait mourir, ce livre reste un
très bon moment où l'humour de Jane est toujours présent (notamment dans le personnage de Mary, la sœur d'Anne) et je crois que de tous ses livres, l'une de mes scènes préférée se trouve dans
Persuasion. Je ne la décrirais pas outre mesure pour garder la surprise à ceux qui voudraient lire ce livre, mais elle se trouve un peu à la fin, à Bath et le meilleur mot qui
pourrait résumer ce passage serait indubitablement : la lettre. ^^
C'est vraiment un passage gravé dans ma mémoire et bien que le livre en lui-même ne vaut pas
Orgueil et Préjugés, il reste mon deuxième préféré et cela surement grâce à ce passage,
entre autres.
Je crois que il est inutile de vous dire de courir l'acheter, vous devriez déjà être entrain de le faire !! ^^