Dimanche 1 juin 2008 7 01 /06 /2008 00:00
Pour ne pas que ce blog croule sous la poussière, voici le deuxième poème du mois de ce blog intitulé "Funeral Blues" du britannique Wystan Hugh Auden.
Pourquoi celui-ci plus qu'un autre en ce nouveau mois qui pointe le bout de son nez ? Ce choix est entièrement dû au film Quatre mariages et un enterrement que j'ai revu il y a peu. C'est un poème que déclame avec émotion Matthew (John Hannah) lors du dit enterrement.
C'est un passage qui m'avait beaucoup émue à l'époque où je l'ai vu pour la première fois, pour différentes raisons et je suis sûre qu'il parle à chacun de nous. Je préfère mettre à l'honneur la langue de Shakespeare pour vous le présenter (parce que c'est incroyablement plus poétique comme ça ^^) mais je rajoute quand même la traduction et le passage du film parce que je ne m'en lasse pas (et encore plus du petit accent écossais de Josh Hannah ^^).


Funeral Blues

Stop all the clocks, cut off the telephone,
Prevent the dog from barking with a juicy bone,
Silence the pianos and with muffled drum
Bring out the coffin, let the mourners come.

Let aeroplanes circle moaning overhead
Scribbling on the sky the message : "he Is dead",
Put crepe bows round the white necks of the public doves,
Let the traffic policemen wear black cotton gloves.

He was my North, my South, my East and West,
My working week and my Sunday rest,
My noon, my midnight, my talk, my song;
I thought that love would last for ever: I was wrong.

The stars are not wanted now: put out every one;
Pack up the moon and dismantle the sun;
For away the ocean and sweep up the wood.
For nothing now can ever come to any good.
For nothing now can ever come to any good.

in Two Songs for Hedli Anderson, Wystan Hugh Auden, 1936

[ Arrêtez les pendules, coupez le téléphone
Empêchez le chien d'aboyer avec l'os que je lui donne
Faites taire les pianos et les roulements de tambour
Sortez le cercueil avant la fin du jour.

Que les avions qui hurlent au dehors
Dessinent ces trois mots : « il est mort »
Nouez des voiles noirs aux colonnes des édifices
Gantez de noir les mains des agents de police.

Il était mon nord, mon sud, mon est, mon ouest
Ma semaine de travail, mon dimanche de sieste
Mon midi, mon minuit, ma parole, ma chanson
Je croyais que l'amour jamais ne finirait : j'avais tort.

Que les étoiles se retirent, qu'on les balaye
Démontez la lune et le soleil
Videz l'océan, arrachez les forêts
Car rien de bon ne peut advenir désormais.]


Le passage dans le film (en anglais) :


Par lilyrose - Publié dans : Le poème du mois.
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"Aimer, ce n'est pas savoir. Ce n'est pas être sûre. Ni presque sûre. Aucune certitude, aucun repos dans l'amour. Aucune compréhension. L'incertitude totale." [Claire de Lamirande]


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