Dimanche 23 décembre 2007
"Comme une mère, une ville natale ne se remplace pas." Ne me
demandez pas de qui c'est, je ne pourrais vous dire que son nom : Albert Memmi. Et tout illustre inconnu qu'il
est pour moi, il n'en demeure pas moins que ce qu'il dit est vrai. Le 12e jour de décembre, de l'an de grâce 1990, dans la ville de Compiègne est née
votre fidèle servitrice, moi-même. Ainsi, il m'est impossible de ne pas te parler, toi qui me lit, de ma chère ville que je m'apprête à quitter dasn quelque temps.Compiègne, avant tout, est une ville historiquement parlant très riche, une ville impériale comme les Compiègnois aiment l'appeler. Compiègne est un site très ancien qui existait probablement déjà au temps des gaulois, mais elle est réellement née avec la monarchie française. Il y a fort longtemps, Compiègne
était connue sous le nom
de Compendium qui désigne un raccourci menant à un gué sur l'Isara (aujourd'hui: Oise). Compiègne a été le séjour de tous les souverains français, de Saint Louis
et ses tournois médiévaux jusqu’à Napoléon III et ses aimables réceptions au bras d'Eugénie, tous amoureux de la chasse, à la fois lieu de détente et
siège du pouvoir, loin du faste de Versailles et de la capitale, de son étiquette stricte et pompeuse. Un peu plus proche de nous, la forêt de Compiègne a été l'endroit où a été signée dans un
wagon au milieu d'une clairière à proximité de Rethondes l'armistice du 11 novembre 1918 entre la France et l'Allemagne en présence du maréchal Foch et du général Weygand. Et dans ce même wagon
qu'en 1918, il a été signé le 22 juin 1940 l'armistice entre la France représentée par la délégation française envoyée par le maréchal Pétain et l'Allemagne représentée par Hitler. Bizarrement, on
se souvient plus de la première que de la seconde.Compiègne a aussi été le témoin d'heures parfois douloureuses, voire tragiques. On associe souvent Jeanne d'Arc à Rouen puisqu'elle a été brulée là-bas mais Jeanne d'Arc a été capturée devant les murailles de Compiègne le 23 mai 1430, alors qu'elle était venue repousser les anglo-bourguignons assiégeant la cité fidèle à Charles VII. L'épisode des seize bienheureuses Carmélites de Compiègne partant pour l’échafaud à Paris en juillet 1794 en fait aussi parti. Toutefois, ce qui me semble personnellement la chose la plus honteuse qu
e cette ville a vécu, c'est bien les longues files de déportés gagnant péniblement le camp de transit de Royallieu dans les faubourgs de la ville. L'ironie du sort a fait que
j'habite à proximité de ce site, où se construit en ce moment même, 62 ans plus tard, un mémorial. De ses mille ans de vie, de sa devise : "Au roi et au
royaume, la plus fidèle", témoignent de magnifiques monuments, à découvrir si le cœur vous en dit peut être un jour avec moi : que cela soit les vestiges
de l'abbaye Saint Corneille, la grosse tour du roi, appelée plus communément "Tour de Jeanne d'Arc", l'hôtel-Dieu, les jardins des remparts, la porte
chapelle, et bien sûr le château de Compiègne et ses jardins. J'ai d'ailleurs une petite anecdote que j'adore
faire partagée à n'importe qui et comme je commence à t'apprécier beaucoup, je ne m'en prive pas : la légende dit (ou plutôt on m'a raconté ça lorsque j'étais toute petite) que Napoléon III,
voulant faire plaisir à sa belle Eugénie qui se languissait avec nostalgie de son château de Schönbrunn, et des jardins, fit raser une immense allée d'arbres et cela en une nuit pour qu'à son
réveil, Eugénie puisse contempler de la fenêtre de ses appartements une allée très similaire de celle de Schönbruun. Si c'est pas une preuve d'amour ça ! ^^Avec tout ça, tu vas me dire que tu es bien avancée, que c'est bien beau, mais ça ne te sert pas à grand chose. C'est vrai. Mais la curiosité peut toucher tous les domaines, tu ne crois pas ?
Personnellement, l'histoire de cette ville est l'une des causes pour laquelle je l'aime tant mais ce n'est pas la seule. J'ai de nombreux souvenirs enfantins de visites du château lorsque j'étais toute petite, ou lorsque j'ai peu à peu grandie, de balades romantiques (ou pas) dans les jardins ou dans la forêt de Compiègne qui borde la ville (à 5 minutes de chez moi, elle est pas belle la vie ? ^^). Tout ceci, aussi étrange que cela puisse paraitre, cela marque une courte vie, l'enfance qu'on a pu vivre là-bas, les fous rires qu'on a pu avoir à propos de certaines statues dans les jardins, les
pleurs de rire ou pas qu'on a eu à certains endroits, de
bons et de mauvais moments en somme.Mais bien entendu, Compiègne, ce n'est pas que ses monuments, son château et sa forêt. Compiègne, c'est aussi une ville dynamique et des fois qui préfère se la couler douce, une ville aux dimensions de maisons de poupées, 43 380 habitants d'après Wiki qui valent le coup de les rencontrer même si il y a toujours des exceptions à la règle, un cinéma où j'ai eu la joie de voir successivement les trois volets du Seigneur des Anneaux le jour de l'avant première du 3e opus (Oui ! J'ai séché et alors ? :-p), les meilleures gâteaux et chocolats aux Picantins (pour la petite histoire, les Picantins sont au sommet de Hotel de Ville et représentent les trois ennemis de la France du temps: Flandrin le Flamand, Langlois l’Anglais et Lansquenet l’Allemand. Ils rythment la vie de la cité en "piquant le temps", c'est à dire en frappant de leur maillet sur trois petites cloches pour faire sonner les heures.), une rue piétonne où on peut acheter les produits dérivés d'Harry Potter (entre autres), mais c'est aussi là bas qu'on cultive l'art du chauvinisme et la "fière de son village" attitude, si vous le l'avez pas encore remarqué... ;-)

